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samedi 21 mai 2016

Conte en patois : La Gourmandise

Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire, dans la région de Roanne dans la Loire (42), dans la première moitié du XX eme siècle. Louise Livet demeurait à Sevelinges. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes.
Ces petites histoires sont avant tout un témoignage drôle et fidèle de la vie quotidienne des gens à cet endroit là du monde à ce moment là de l'histoire...


13. La gourmandise

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Marius vient passer la veillée de Noël chez le père Larue, en attendant la messe ils se mirent à jouer au loto, au bistigri. Quand arrive l'heure de la messe la mère Larue dit à son Félix : « c'est toi qui gardera pendant la messe, t'auras pas bien de travail, t'auras que la soupe à faire, quand l'eau bouillira te mettras les choux, les truffes et le morceau de lard » dit encore « Te feras entrer le chien à la maison et te seras bien gardé. »

 Ils allument la lanterne, comme il glissait ils mirent des cordes sous leurs souliers et partirent. Le Félix met la marmite d'eau à bouillir, le chien dormait à côté du feu et lui de l'autre côté avec son journal et s'endormit. Au bout d'un moment le chien se met à faire une gagnoule, qui le réveilla. Le chien venait de recevoir une goutte d'eau bouillante sur le nez de la marmite que bouillait, le Félix se dépêche à mettre tout ce que la mère avait dit, voyant ce petit morceau de lard dit : « Pour une veillée de Noël je le mangerais bien tout seul pour me faire mal ! Je vais en remettre un morceau rien que pour moi ! » 
Il va en couper une bonne tranche et le met à cuire avec le reste dans la marmite, il le mangeait déjà des yeux en le voyant danser dans l'eau ! Reprend son journal et va s'asseoir à côté du feu. Au bout d'une demi-heure le chien se lève d'un bond et va courir à la porte en grattant, bon sang de bon sang la messe est déjà finie ! Je n'ai point de temps à perdre ! Prend une fourchette et prend dans la marmite son morceau de lard tout bouillant et l'enfourne dans son gorgeland et se sauve à l'écurie. En arrivant de la messe tout le monde se regardait se demandant ce qu'il avait pu arriver au Félix ! Ils entendaient de cris et hurlements affreux venant de l'écurie.
  Le Félix arriva en se tortillant, se tenant par le ventre et s'affala sur une chaise. « Qui donc qui t'arrive ? » que la mère crie, le Félix dit « j'ai le bouton du ventre plus gros qu'un bouton de culotte, et la peau est tout enflée toute plein de bedoules » et raconte ce qui lui est arrivé. La mère dit « va au lit je te mettrai d'eau de lys que trempe dans l'huile. » et au bout d'un moment la douleur fut calmée. 

Il fut malade pendant 15 jours. Les gamins se moquaient de lui quand ils le voyaient ils disaient « T'aurais pas un bouton de reste j'ai perdu celui de ma culotte ! »

jeudi 12 mai 2016

Conte en Patois : l'âne des soeurs

Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire, dans la région de Roanne dans la Loire (42), dans la première moitié du XX eme siècle. Louise Livet demeurait à Sevelinges. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes.
Ces petites histoires sont avant tout un témoignage drôle et fidèle de la vie quotidienne des gens à cet endroit là du monde à ce moment là de l'histoire...


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12. L'âne des sœurs

Dans le monastère des sœurs elles avaient le Janot et le Riri pour s'occuper de la porcherie et l'âne (ils s'en servaient pour aller faire les courses). Mais le Janot et le Riri maltraitaient ce pauvre âne ; ils le triquaient à grands coups de bâton quand il marchait pas bien droit. En allant faire les courses ils avaient l'habitude d'aller au café boire un coup et faisaient boire du vin à l'âne ce qui le rendait saoul.

 Un jour qu'il faisait très chaud en revenant des courses ils prennent l'idée d'aller jusqu'à un étang pour se baigner. Ils attachèrent l'âne à un piquet (en plein soleil) sans s'occuper s'il aurait chaud. Voilà, se déshabillent, laissent leurs vêtements à terre et se jettent à la nage ! Au bout d'un moment l'âne commençait à s'ennuyer... à force de mordre la corde elle cassa et voilà notre âne en liberté ! Il mangea un moment l'herbe aux alentours et tout malicieux pris entre les dents les culottes qui étaient à terre et parti au trot vers le monastère ! Quand le Janot et le Riri s'en aperçurent c'était trop tard l'âne était déjà à la porte du couvent !! Nos 2 gaillards tout penaud fallait revenir !! Les sœurs inquiètes attendaient sur le devant de la porte. 
Elles se précipitèrent pour fermer les volets aux fenêtres pour pas faire scandale de voir arriver ces deux gaillards tout nus ! Tout le long de la route les gens leur criaient : « Tas de maquereaux ! Vous avez perdu la boule ! » Le plus ennuyeux il fallait se présenter aux sœurs qui les ont introduit dans leur bureau posant tout un tas de questions. Ils durent convenir qu'ils maltraitaient l'âne et qu'il s'est vengé à sa façon ! 

Ils ont été bien punis... ils sont restés 3 jours enfermés dans un local avec du pain sec et de l'eau.

dimanche 1 mai 2016

Conte en patois : Les Embarras du Tonin

 Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire, dans la région de Roanne dans la Loire (42), dans la première moitié du XX eme siècle. Louise Livet demeurait à Sevelinges. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes.
Ces petites histoires sont avant tout un témoignage drôle et fidèle de la vie quotidienne des gens à cet endroit là du monde à ce moment là de l'histoire...


11. Les embarras du Tonin


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Le Tonin un garçon que dépassait déjà la trentaine, qu'était timide, il en souffrait même ! Par contre il avait une sœur la Colette qu'était hardie, elle n'avait pas peut d'entreprendre les garçons. Ils vivaient ensemble avec le père et la mère dans une ferme de 6 vaches et une bourrique pour faire les marchés, ils élevaient aussi un cochon. Un soir le père dit qu'il va se faire couper les cheveux, pendant ce temps la mère rangea le ménage, la Colette se mit à coudre, mais le Tonin était appuyé les deux coudes sur la table que disait rien. La mère lui dit : «  à quoi donc que te penses ? Te penses peut être à marier ? Ce serait bien temps d'y penser ! C'est pas que tu voudrais rester vieux garçon ?
- Il faut être 2 pour se marier dit le Tonin.
- Cependant les filles ne manquent pas dit la mère, tiens je vais t'en nommer moi des filles que tu connais : la Benoîte, la Mélanie, la Françoise, La Pierrette, la Mariette !
- Arrête, arrête ! Il n'en faut pas tant ! Une ça suffit. Il y en qu'une qui me plaît et tu ne l'a pas nommée c'est la Marie-Claudine !
- Et bien qui que t'attends d'aller lui parler ! Qu'elle te soit prise ?!
- Seulement je n'ose pas !"

La Colette qu'entendait fit une ricanée, « Arrête fit la mère, effrontée, si ton frère est timide toi tu n'y es pas assez. » La mère voulait s'en mêler de faire les avances, « Non, qu'il dit, je lui parlerai quand on se rencontrera. » La mère dit « Quand on tuera le cochon tu lui porteras une fricassée de boudin.
- J'aurai l'air fin de me présenter avec des boudins !
- Te diras que c'est pour les remercier des œufs que j'ai été chercher pour couver et qu'ils ont bien réussi.
- Je ferai ta commission. »

Au moment de partir il s'est tellement flanqué une débarbouillée en s'habillant, dit « ma veste est un peu râpée mais je mettrai ma blouse ça se verra pas. » Prend ses bottes mais les chemins étaient trop en boue. Pour éviter de passer par le bourg il prit un chemin qu'était tout en racines de raquotte qui le faisaient trébucher, une haie épaisse qui rendait le chemin encore plus noir, il avait regretté de pas avoir pris une lampe ! Il arriva avec peine au portail toujours avec son panier au bras ; il était tellement émotionné qu'il trouvait même pas le loquet du portail ! Il fallait traverser la cour avant que d'arriver à la maison, mais il apercevait de la lumière. Un peu avant d'arriver il s'engobilla dans les planches, voulant bien se retenir mais il s'est élardé de tout son long dans la boue ! Comme il faisait du bruit en tombant le chien s'est mis à japper, la mère a ouvert la porte en tenant le chien par le collier. « Qu'est-ce que c'est que ce tintamarre ! » Le Tonin que venait de se relever dit : « Excusez-moi je venais vous voir et je me suis engobillé dans quelque chose et je suis tombé.
- Vous êtes-vous fait mal ?
- Non mais je suis bien sale ! Je n'ose pas entrer je ne suis pas présentable je suis plein de boue.
 - Ne vous en faites pas, entrez, donnez-moi votre panier et venez vous laver ! Quittez donc vos bottes on vous donnera des pouffles pour vous réchauffer. »

Le Tonin était bien un peu honteux de tout ce qui venait d'arriver ! Le père Jean-Marie que faisait un panier contre le feu lui dit : « Venez vous asseoir à côté de moi ça vous réchauffera ! » Ils se mirent à parler de choses et d'autres, quand la mère se mit à dire : « Vous pensez donc pas à vous marier Tonin ? C'est-il que les filles ne vous conviennent pas ? » La Marie-Claudine en a rougi ! La mère dit : « J'ai fait cuire des châtaignes vous allez en manger avec nous. » Le Jean-Marie alla chercher 2 bouteilles de bon vin à la cave et le Tonin buvait ce qui le rendait plus hardi et moins timide. Après ils sortirent encore la carafe d'eau de vie et le Tonin riait en racontant des histoires, la mère : « Il faudra revenir nous voir, vous nous faites passer un bon moment ! » Il allait partir quand la mère dit « Il faut pas oublier votre panier ! Qu'y a-t-il donc dans votre panier, ce n'est pas un petit chat par hasard ? Que dit la mère, nous avons perdu notre gros matou, il nous en faudrait bien un autre ! » 
 Le Tonin dit qu'il en manque pas chez nous, je vous en apporterai la prochaine fois que je viendrait. Dans le panier il y avait la fricassé de boudin et bien d'autres choses, vous remercierez bien chez vous... on la rendra quant on aura tué notre cochon ! De ce jour le Tonin est venu voir souvent la Marie-Claudine et à la fin de l'année il se sont mariés.