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jeudi 28 avril 2016

Conte en patois : L'Arthur au Régiment

Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire, dans la région de Roanne dans la Loire (42), dans la première moitié du XX eme siècle. Louise Livet demeurait à Sevelinges. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes. 
Ces petites histoires sont avant tout un témoignage drôle et fidèle de la vie quotidienne des gens à cet endroit là du monde à ce moment là de l'Histoire...


10. L'Arthur au régiment
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L'Arthur qu'était au régiment écrit à sa mère de lui envoyer le plus rapidement possible une paire de souliers neufs : l'adjudant veut me mettre en prison car j'ai des souliers tout percés ! 
Voilà la mère bien embarrassée va trouver la voisine pour lui demander comment elle pouvait faire vite pour envoyer des souliers si rapidement à son Arthur ! La voisine dit de lui envoyer par le télégraphe ça ira bien plus vite que par le chemin de fer. Tout de suite elle s'en va acheter une paire de soulier et va vers le poteau de télégraphe, grimpe un peu haut et pose les souliers ! Elle s'en retourne toute contente en pensant que son Arthur aura tout de suite ses souliers ! 

Deux jours plus tard passe sur la route un pauvre mendiant, voit sur le fil téléphonique une paire de souliers neufs, voilà bien qui fera mon affaire, les miens ne valent plus rien ( ils ouvrent la gueule comme des oiseaux qu'ont faim). Je vais les prendre et mettre les miens à la place. Il s'en va tout joyeux en chantant. 
Les jours suivants la mère vient voir, voit des vieux souliers sur le fil « C'est une sacrée invention que le télégraphe, toute contente se dit non seulement il a déjà reçu les souliers neufs mais a déjà renvoyé les vieux. »

mardi 26 avril 2016

Chronique de Concert : Acidez @ La Comedia, Montreuil






24/04/2016 La Comedia Montreuil
ACIDEZ + REPLICUNTS + LUNCH + BIEN A TOI

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La soirée commençait à 18h, sûrement pour permettre aux punks de l'est parisien de prendre le dernier métro et de pouvoir aller au travail le lendemain...

Une belle affiche à la Comédia, on arrive pas trop à la bourre en plein concert de Bien à Toi, les régionaux de l'étape, qui envoient un post-punk noisy hypnotisant et bruyant. 2 guitares, basse, batterie, à fond, j'accroche bien. Ça ouvre parfaitement la soirée.

Bon évidemment il est tôt et le bar est assez mal foutu pour les concerts : les gens doivent passer devant la scène pour aller aux chiottes chiottes, et comme y a qu'un chiotte, ben pour le premier groupe la majorité du public qui reste devant attend en fait juste sont tour pour un p'tit pipi. La scène est perpendiculaire au bar, et l'espace principal où peuvent se masser les spectateurs est sur le côté gauche (par rapport à groupe, je sais pas si c'est cours ou jardin !) de la scène. En gros pas mal de gens regardent le groupe de profil et n'ont pas beaucoup de guitare dans les oreilles. Le bar est cool, tous les groupes + l'orga Sick My Duck ont posé leur distro, c'est prix libre, y a un espace fumeur/barbec derrière, bref c'est sympa comme tout. Sans oublier le patron qui m'a l'air fort sympathique et qui semble en avoir vu d'autres...

ça enchaîne rapidement avec Lunch, trio marseillais de punk français. Beaucoup trop de basse pour moi qui suis au comptoir. Je me fais la réflexion que Guerilla Poubelle a quand même complètement changé la face du punk français, et a réussi a imposer un son, un style. C'est dingue, tous les groupes sonnent comme eux aujourd'hui. Lunch n'échappe pas à la règle. Le concert est pas mal, bonne ambiance.

Ça se remplit petit à petit de punks en tout genre, pour accueillir comme il se doit le trio féminin Replicunts qui nous vient tout droit de Serbie. Les filles ont une vingtaine d'années à tout casser, elles jouent un punk rock très rock'n roll qui peut faire penser à Turbonegro, Gee Strings, Texas Terry... le pogo se lance pour de bon ! Y a une bar de pole dance (à moins que ce soit juste un soutien pour pas que le plafond s'écroule, disons que ça fait les 2) sur le coin gauche de la scène, qui permet à quelques habitués de terminer des slams de façon originale, qu'est-ce qu'on se marre !
Les Replicunts sont visiblement contentes d'être là et on peut dire que c'est réciproque, le public, qui doit désormais avoisiner les 150 personnes, répond très positivement. Elles révolutionnent rien mais c'est super efficace et on a envie de les encourager ! Il me semble qu'un certain nombre de leurs morceaux sont en serbe, les gros refrains bien entêtant avec des chœurs qui donnent envie de lever le poing font mouche.

Vers 21h30 ce sont les 4 mexicains d'Acidez qui prennent le relais. Je ne sais pas pourquoi, ce soir ils n'ont pas jugé utile de monter leurs belles crêtes colorées... quoiqu'il en soit, ils envoient leur street punk à la Exploited/Casualties à fond les ballons, les gens le leur rendent bien. Cette fois ils sont massés tant que possible devant la scène, en face d'eux, et il est donc impossible de se rendre aux toilettes. Voila pour le côté pratique. Très bonne ambiance, je me demande comment une musique aussi agressive (tant dans le son que les paroles, en ce qui concerne Acidez et ses titres genre « Maquinas de Guerra », « Pierdes tu Tiempo », « Don't ask for Permission », « Todo Destruido », « Acid Trash Terrorist »...) peut générer autant de sourires et une ambiance si bon enfant. Je me dis aussi que les mexicains doivent être un peu perturbés de jouer aussi tôt ! En tous cas ça ne se ressent pas sur leur performance, c'est très punk et hyper pro en même temps. Pas le style de keupon que je préfère (un peu répétitif, c'est quand même tout le temps le même tempo ! Heureusement qu'il y a quelques soli bien sentis pour varier un peu) mais comme ça en tête d'affiche avec un public qui suit c'est clair que ça fout vraiment la patate !

Je regrette en partant d'oublier de leur prendre un disque quand même, apparemment la pochette du dernier album, "Welcome to the 3D", est en 3d comme son nom l'indique si tu la regardes avec les lunettes appropriées! 

Et voilà, 22h30 ça nous laisse tout le temps pour passer une deuxième partie de soirée plus tranquille et bien arrosée !

lundi 18 avril 2016

conte en patois : Un Drôle de Cabochard

Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire, dans la région de Roanne dans la Loire (42)ot, dans la première moitié du XX eme siècle. Louise Livet demeurait à Sevelinges. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes.

9. Un drôle de cabochard
 
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C'était pendant la guerre. Le capitaine que commandait sa troupe où les mitraillettes et les canons hurlaient d'une façon terrible. De l'autre côté les allemands, les fusils tiraient. Les canons crachaient les mitraillettes faisaient un raffut à tout casser. Cependant il y avait un long chemin à faire sur chemin à découvert ! Le capitaine voyait tomber ses hommes comme des mouches. Donan ordre : « à terre ! Couchez vous à plat ventre ! » Crie encore : « Couchez vous donc ! Mille pétards ! » Et les voilà tous aplatis dans la boue, seul un grand dur restait droit au milieu de l'ouragan de fer sous l'averse de la mitraillette. Couchez vous donc espèce d'animal ! Vous allez vous faire tuer ! Mon capitaine je ne peux pas ! Les obus éclataient de tous les côtés sous un vacarme épouvantable. Le zouave restait toujours debout. D'un coup se met à crier : « Je ne peux pas j'ai un litre de vin dans ma poche et pas de bouchon ! » Son litre lui a certainement porté chance, il s'en est tiré sans se faire tuer. C'était tout de même un drôle de cabochard.

 

vendredi 15 avril 2016

conte en patois : Les sabots neufs


Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire (42) dans la première moitié du XX eme siècle. Louise Livet demeurait à Sevelinges. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes.
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8. Les sabots neufs

L'Adrien un paysan que travaillait toujours avec des sabots soit dans les écuries, à la grange ou aller mettre au pré ses vaches ; c'était bien temps de les changer ! Ils n'avaient plus de semelle et commençaient à se fendre. 

Il profita de la foire sachant que son marchand de sabots serait sur la place. Il ne fut pas seul à choisir des sabots, il y avait des hommes, des femmes, des gamins tous accroupis, à genoux, pliés en deux s'appliquant à essayer les sabots à la mesure du pied ; certains les essayaient aux deux pieds d'autres se contentaient de quitter un seul soulier ce qui évitait de délacer et de relacer mal à propos les souliers. Lorsque l'Adrien eut choisi ses souliers il les attacha par une ficelle passée dans les 2 trous et parti avec ses sabots à la main ; il traversa la foire sans s'arrêter. 

Au café de la Lilie il entra chercher un paquet de tabac. Il y avait l'André et le Toine (2 voisins) que l'invitèrent à boire un pot avec eux. Quand tout à coup arrive un écervelé que personne ne connaissait et demande : « N'auriez-vous pas vu un homme avec des sabots neufs à la main ? » Et voyant une paire de sabots qui pendait à une chaise se met à crier à la table : « Mon soulier ! Donnez moi mon soulier ! » Ce doit être un homme qui a trop bu, il était rouge, essoufflé et bien en colère, que réclamait : « Mon soulier ! Donnez moi mon soulier ! » L'Adrien se lève : « C'est mes sabots ! » L'autre criait : « Mon soulier ! Je veux mon soulier ! » La Lilie arrive pour les séparer : « Allons donnez moi ces sabots ce n'est pas les vôtres ! 
- Oui mais qu'il me donne mon soulier ! » L'Adrien regarde ses pieds : en effet il avait chaussé le soulier de l'écervelé au lieu des siens. L'Adrien était tout honteux et l'autre toujours en colère de l'avoir tant fait courir !
Quant à la Lilie elle riait à se tenir les côtes si bien qu'elle paya une tournée à tout le monde qui se trouvait au café !

dimanche 10 avril 2016

conte en patois : Le Fête à la Joséphine

Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire (42) dans la première moitié du XX eme siècle. Louise Livet demeurait à Sevelinges. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes.

7. La fête à la Joséphine

 


Voila que le Philibert dit à sa femme « Mangeons vite un morceau et je partirai chez le Claudius (qu'était forgeron) qu'il ma fait, je lui dois mes grappines, une pioche qu'il m'a reforgée. »

Quand j'arrive chez lui il était assis dehors il faisait bon, j'y suis resté un grand moment ! Nous avons discuté tout l'après-midi en buvant un canon. En me rentournant je vois devant moi un homme qu'allait de tous les côtés du chemin, que dordillait... je me disais tout à l'heure il va bien s 'étaler, j'avais pas pensé qu'il fit une éparafé et roula dans le buisson, je me mets à courir pour le retirer du fossé et voir qui il était : c'était le moine du fond du bourg. Je lui dit : « qui donc t'as fait pour te mettre dans cet état ! C'est presque nuit il faut pas rester là. » 

Il avait une peine à se relever... en se traînant et en s'appuyant sur ses mains j'ai arrivé à l'attraper à la brassée et à le mettre debout ! Mais pour marcher ! Tout en le retenant je pousse par derrière, j'avais une peine ! Voilà en le poussant un peu fort il s'étala de tout son long par terre, il s'empate les deux genoux dans sa culotte toute déchirée, il saignait de partout. J'avais un mouchoir propre je lui ai empaté la jambe. Nous voilà reparti, un orage menaçait. Je le prends par le bras en lui disant « marchons vite ! » mais la pluie tombait et il était encore plus lourd à traîner ! Quand on arriva au bourg je vois une lanterne qui venait dans notre direction que dit : « C'est – y toi » « Ouais ! » que dit le moine. « C'est -y des heures pour rentrer moi qui suis en peine ! » Je me dit c'est pas le moment de rester ici je me suis sauvé en grande vitesse à la maison. 

La semaine d'après en passant devant chez lui je lui « ça va t'y ? que je lui dis, ça va mieux ? Ça allait donc pas ?
- Je me suis enrhumé et j'ai bien toussé ! Si te savait ce qui m'est arrivé dimanche dernier, figure toi j'avais été souhaité la fête à ma sœur Joséphine, j'avais ramassé un gros bouquet de coucou et elle était bien contente, elle m'a payé un bon 4 heures avec fromage à la crème, des gauffres, avec son Tieno on a bu un bon canon puis la Joséphine a fait le café, on a bu la goutte, la carafe de cerises. Quand je suis parti de chez eux j'étais franc saoul je croyais pas pouvoir revenir, avec ça j'ai pris une belle averse. Heureusement que j'ai trouvé un homme qui m'a aidé, si je savais celui qui pouvait être pour lui dire merci ! »
Je lui dis « Cherche pas c'est moi »
Il me donna mon mouchoir bien propre et bien repassé.

vendredi 8 avril 2016

Conte en patois : Le testament de la Toinon

Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire (42) dans la première moitié du XX eme siècle. Louise Livet demeurait à Sevelinges. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes. 

6. Le testament de la Toinon


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La Toinon voit sur le journal une femme riche (la Pierrette) que veut faire un don à quelques œuvres : pensa donner sa fortune aux enfants malades pour les envoyer à la mer ou à la montagne. Ce qui donna une idée à la Toinon d'arranger ses affaires : elle était toute malade qu'avait plus de 90 ans, fit venir le notaire pour faire son testament. Elle n'était pas des plus riches mais elle avait économisé 300 écus qu'elle gardait dans le bas de laine disant qu'elle n'avais jamais dépensé mal à propos ! Voila explique au notaire « j'ai 30 écus qui sont dans le bas de laine dans mon tiroir... je veux en laisser 200 à ma filleule Claudine Tiaulet je l'aime bien, elle vient me voir souvent et m'apporte toujours quelque chose. 
- ça va,dit le notaire en marquant sur le papier, et le reste à qui le donnez-vous ? 
- Ne le marquez pas sur le testament je me les réserve on ne sait pas ce qui peut arriver. »
Elle avait tout juste fini sa phrase qu'elle piqua la tête par terre et s'assomma ! Elle tomba dans le coma et ne reprit pas connaissance.
 

samedi 2 avril 2016

conte en patois : Virginie


 
Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire (42) dans la première moitié du XX eme siècle. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes.

5. Virginie


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Virginie s'en va faire ses commissions au marché : achète des légumes, un peu de fruits, un paquet de pruneaux, des poires, son panier était bien assez lourd. Va chercher son pain et la voilà de retour, en route prend mal à un pied, s'arrête sur un banc pour se reposer ; il y avait 5 minutes qu'elle était sur ce banc vient un homme s'asseoir à côté de moi, je le regarde... il a une belle moustache que je me disais... il a l'air bien sympathique, il a l'air assez jeune. Je rapproche mon panier plus près de moi. Tout de suite me dit « je vous gêne madame. » De colère je me lève « est-ce que j'ai l'air d'une demoiselle mariée moi ? Je n'ai jamais courtisé ni couru après les hommes ! Alors je n'ai pas besoin qu'on m'appelle « Madame » ! 
  • Vous fâchez pas ma belle « Loulette », quand on ne sait pas on ne peut pas savoir ! Comment vous appelez-vous ?
  • Virgine que je lui réponds !
  • J'aime ce nom là. Quant à moi je m'appelle Eugène, mais je vous en prie ne restons pas sur ce banc de pierre. Je vous emmène au café je vous offre un apéritif. Donnez moi votre panier ça vous soulagera. »
Je ne pouvais pas moins faire de le suivre. Il me paya un petit verre de menthe et d'eau de noix. Lui but quelques verres de vin. Il s'est mis à me poser un tas de questions sur mon âge, mon métier, si j'avais une jolie maison, si j'avais des sous. Je lui racontait tout ça même que j'avais 3 chats. Il se leva brusquement m'empoigna par la taille m'attrapa par le cou et m'embrassa. Je fut tellement surprise que j'ai tombé à la renverse en m'envoyant la tête contre le mur que je perdis connaissance !! Quand je suis revenue à moi j'étais dans ses bras me couvrant de baisers, me frottant de toute part pour me remettre en vigueur... et voilà nous nous sommes plus quittés. Seulement voilà il n'a pas supporté mes 3 chats... il est allé les noyer dans l'étang. Je me suis dit : « il vaut mieux qu'il m'aime puisqu'il ne veut point de bête pour que nous soyons heureux tous les deux. »

vendredi 1 avril 2016

Conte en patois : Le Père Capucin

Le Père Capucin

Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire (42) dans la première moitié du XX eme siècle. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes.
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Aux alentours de Charlieu dans un village se trouvait un couvent des pères Capucins et dans son village il y avait un homme qu'on appelait le Capucin (de son vrai nom Claudius Pallasson). Il était appelé Capucin, oh, ce n'est pas qu'il était plus sage qu'un autre, mais il avait une barbe aussi longue des poils de chèvre, il avait plus de cheveux sur le crâne, c'est pourquoi qu'il ressemblait à un moine ! Le Claudius toutes les fois qu'il allait au bourg revenait toujours avec une cuite ! Même que son Amandine allait souvent à sa recherche le soir avec une lanterne et le trouvait affalé dans quelques rases ou dans des trous. Un dimanche les jeunes venaient de jouer une pièce de théâtre, dans cette pièce il fallait jouer un rôle de moine (ils avaient été trouver monsieur le curé pour qu'il se procure une robe de moins chez les frères Capucins). 

Lorsqu'ils avaient fini de jouer tous les jeunes restaient ensemble pour souper et passer la veillée, c'était bien minuit quand ils se séparèrent. Dehors il faisait un joli clair de lune, et s'en allant ils virent bouger quelque chose dans le fossé, ils allèrent voir, c'était le Claudius saoul comme un cochon. Ils le trigossèrent pour le réveiller, rien à faire, pourtant on ne peut pas le laisser là. Le Jules dit : « Nous allons lui faire une farce. Je vais aller chercher ma robe de Capucin que j'avais pour jouer et nous l'habillerons en vrai Capucin : Je vais chercher mon petit chariot et nous l'emmènerons au couvent. Qu'est-ce qu'ils vont dire ! » Ils l'acculèrent à la porte et tirèrent la sonnette. 

Le frère portier vient ouvrir. Le Jules explique qu'ils ont trouvé ce Capucin dans la rue et crurent bien faire de l'emmener. Le frère alla faire lever les autres Capucins qu'arrivent avec une lanterne et regardent sous son nez : « Je ne le connais pas il n'est pas de notre couvent. Nous allons le mettre dans une cellule pour la nuit et au matin nous verrons bien d'où il vient. » Pendant ce temps les jeunes ont décampé en riant ! Quand le Claudius se réveilla se dit : « Où donc que je suis ? C'est sûrement les gendarmes qui m'ont ramassé et m'ont foutu au violon. » Tout à coup en se regardant se voit en habit de Capucin ! « Comment que ça se fait donc ?!  Ma femme sera bien attrapée quand elle saura que je suis Capucin. » Au même moment le frère entre avec une bande de moines : « Mon père nous direz-vous qui vous êtes ? 
  • Qui je suis ? J'étais le vigneron, l'homme de la grosse Amandine ! Elle va faire joli mon Amandine ! »
En écoutant ces bredineries les Capucins ont compris que c'était des gamins qui s 'étaient amusés à lui jouer un tour et qu'ils avaient amené un soulot ! Ils lui arrachèrent la robe qui les déshonorait, le poussèrent vers la porte en lui envoyant un coup de sandales par les fesses et l'envoyèrent s'étaler au milieu de la rue ! Ma foi quand il eut bien réalisé qu'il était sans retour alla trouver son Amandine qu'était dans toutes ses colères : elle ne voulut pas entendre ses explications ! Alla chercher un gros genêt et lui en donna des coups qu'il en avait les reins toute écalés ! Si bien que notre Claudius parla de demander le divorce et voulut entrer chez les Capucins.