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jeudi 12 mai 2016

Conte en Patois : l'âne des soeurs

Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire, dans la région de Roanne dans la Loire (42), dans la première moitié du XX eme siècle. Louise Livet demeurait à Sevelinges. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes.
Ces petites histoires sont avant tout un témoignage drôle et fidèle de la vie quotidienne des gens à cet endroit là du monde à ce moment là de l'histoire...


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12. L'âne des sœurs

Dans le monastère des sœurs elles avaient le Janot et le Riri pour s'occuper de la porcherie et l'âne (ils s'en servaient pour aller faire les courses). Mais le Janot et le Riri maltraitaient ce pauvre âne ; ils le triquaient à grands coups de bâton quand il marchait pas bien droit. En allant faire les courses ils avaient l'habitude d'aller au café boire un coup et faisaient boire du vin à l'âne ce qui le rendait saoul.

 Un jour qu'il faisait très chaud en revenant des courses ils prennent l'idée d'aller jusqu'à un étang pour se baigner. Ils attachèrent l'âne à un piquet (en plein soleil) sans s'occuper s'il aurait chaud. Voilà, se déshabillent, laissent leurs vêtements à terre et se jettent à la nage ! Au bout d'un moment l'âne commençait à s'ennuyer... à force de mordre la corde elle cassa et voilà notre âne en liberté ! Il mangea un moment l'herbe aux alentours et tout malicieux pris entre les dents les culottes qui étaient à terre et parti au trot vers le monastère ! Quand le Janot et le Riri s'en aperçurent c'était trop tard l'âne était déjà à la porte du couvent !! Nos 2 gaillards tout penaud fallait revenir !! Les sœurs inquiètes attendaient sur le devant de la porte. 
Elles se précipitèrent pour fermer les volets aux fenêtres pour pas faire scandale de voir arriver ces deux gaillards tout nus ! Tout le long de la route les gens leur criaient : « Tas de maquereaux ! Vous avez perdu la boule ! » Le plus ennuyeux il fallait se présenter aux sœurs qui les ont introduit dans leur bureau posant tout un tas de questions. Ils durent convenir qu'ils maltraitaient l'âne et qu'il s'est vengé à sa façon ! 

Ils ont été bien punis... ils sont restés 3 jours enfermés dans un local avec du pain sec et de l'eau.

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