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samedi 2 avril 2016

conte en patois : Virginie


 
Voici une compilation des histoires paysannes que racontait Louise Livet (qui, pour la plupart, sont inspirées ou copiées des « Contes de Jean-Pierre » du poète Louis Mercier). Je ne sais pas si elle en a inventées et écrites elle-même.

Il s'agit de contes relatant la vie paysanne du canton de Belmont de la Loire (42) dans la première moitié du XX eme siècle. A l'origine tous ces contes sont issus de la tradition orale en patois local, une variante du franco-provençale.
C'est pourquoi les retranscrire est un exercice difficile : il ne faut pas faire trop attention à la concordance des temps, aux changements de narrateur ou de sujet. De nombreux mots ou expressions sont directement tirés de cette langue et n'existent pas en français.

Louise Livet fût une conteuse exceptionnelle en patois jusqu'à sa mort en 2016. Ses cahiers, entièrement écrits à la main, cumulent sans doute près de 300 contes.

5. Virginie


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Virginie s'en va faire ses commissions au marché : achète des légumes, un peu de fruits, un paquet de pruneaux, des poires, son panier était bien assez lourd. Va chercher son pain et la voilà de retour, en route prend mal à un pied, s'arrête sur un banc pour se reposer ; il y avait 5 minutes qu'elle était sur ce banc vient un homme s'asseoir à côté de moi, je le regarde... il a une belle moustache que je me disais... il a l'air bien sympathique, il a l'air assez jeune. Je rapproche mon panier plus près de moi. Tout de suite me dit « je vous gêne madame. » De colère je me lève « est-ce que j'ai l'air d'une demoiselle mariée moi ? Je n'ai jamais courtisé ni couru après les hommes ! Alors je n'ai pas besoin qu'on m'appelle « Madame » ! 
  • Vous fâchez pas ma belle « Loulette », quand on ne sait pas on ne peut pas savoir ! Comment vous appelez-vous ?
  • Virgine que je lui réponds !
  • J'aime ce nom là. Quant à moi je m'appelle Eugène, mais je vous en prie ne restons pas sur ce banc de pierre. Je vous emmène au café je vous offre un apéritif. Donnez moi votre panier ça vous soulagera. »
Je ne pouvais pas moins faire de le suivre. Il me paya un petit verre de menthe et d'eau de noix. Lui but quelques verres de vin. Il s'est mis à me poser un tas de questions sur mon âge, mon métier, si j'avais une jolie maison, si j'avais des sous. Je lui racontait tout ça même que j'avais 3 chats. Il se leva brusquement m'empoigna par la taille m'attrapa par le cou et m'embrassa. Je fut tellement surprise que j'ai tombé à la renverse en m'envoyant la tête contre le mur que je perdis connaissance !! Quand je suis revenue à moi j'étais dans ses bras me couvrant de baisers, me frottant de toute part pour me remettre en vigueur... et voilà nous nous sommes plus quittés. Seulement voilà il n'a pas supporté mes 3 chats... il est allé les noyer dans l'étang. Je me suis dit : « il vaut mieux qu'il m'aime puisqu'il ne veut point de bête pour que nous soyons heureux tous les deux. »

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